Le Zoute Grand Prix en mode "privé" 

Moment de détente, dans sa bulle...

Le contexte sanitaire n’a pas permis au Zoute Grand Prix de se dérouler dans une forme classique. Les organisateurs ont donc innové, dans le respect strict des règles sanitaires, pour proposer un rallye privé, ainsi qu’une vente aux enchères. Red Racing Green y était pour vous décrire une ambiance jamais ressentie auparavant.

Par Maxime Pasture - Photos: ©WIT fotografie & videografie

Le 31 août dernier, les organisateurs du Zoute Grand Prix ont décidé, sans grande surprise, d’annuler leur grande fête de l’automobile. Mais en l’espace d’un mois, l’organisation a réussi à mettre sur pied une édition privée qui, on l’a vu, n’avait rien de comparable aux dix éditions du Zoute Grand Prix vécues auparavant.

 

En arrivant à Knokke le jeudi 8 octobre en soirée, nous avons constaté qu’il n’y avait pas cette effervescence habituelle : pas de podium de départ sur la digue, pas de pavillons pour les marques partenaires, pas de déviation, de ballots de paille dans les ronds-points, rien… Bref, il s’agissait d’un jeudi comme un autre à Knokke. Pourtant, sur la route, nous avons bien croisé une Jaguar Type E « Low drag » coupé de 1963 ou encore une Mercedes SL 190 de 1955. Quelques habitués se sont donc bien donnés rendez-vous à Knokke en ce deuxième week-end d’octobre…

Et pour cause, le lendemain, le départ du Zoute Grand Prix Private Edition était donné discrètement, dans la superbe propriété du CWART. Seuls les participants et quelques responsables de marques partenaires y avaient accès. CWART est un acronyme formé à partir du nom de cette ancienne ferme, Ceuvel, des activités de restauration (le W de wine en anglais) et du mot ART. Masque obligatoire pour tout le monde, même dehors.

Des perles très rares...

Le temps d’un week-end, le CWART est devenu un incroyable salon d’exposition à ciel ouvert, mais plus petit qu’un palais au Heysel. D’un côté, on pouvait admirer les « lots » de la vente aux enchères by Bonhams (qui s’est déroulée en très petit comité et online), dont une superbe Alfa Romeo 8C Cabriolet limitée à 500 exemplaires, une Ford GT, une Porsche 911 Carrera 2.7 Targa de la Gendarmerie belge (1976), une Aston Martin DB2/4 (1955) ayant appartenu au Roi Baudouin de Belgique ou encore une BMW 507 (1959) commandée à l’époque par le Roi Constantin II de Grèce.

De l’autre, nos yeux pouvaient s’émerveiller devant la dernière création de Touring Superleggera, l’Aero 3, la McLaren 765 LT, la nouvelle Rolls-Royce Ghost, une Bentley Continental GTC by Mulliner ou encore (vous êtes bien assis ?) la Bugatti Chiron du record du monde de vitesse – la seule, l’unique – qui a atteint les 490,48 km/h en septembre 2019 ! Bugatti a fait fort en amenant ce prototype à Knokke et les participants du Zoute Grand Prix Private Edition ont eu une chance inouïe de pouvoir l’admirer. Mais les organisateurs de cette édition très étrange du Zoute Grand Prix ont également fait fort. Vous allez comprendre…

Royaume enchanté

Le vendredi 9 octobre, nous avons pris le volant d’une Lamborghini Huracan Evo pour découvrir le parcours du rallye. Bon, cette supercar au V10 atmosphérique de 640 chevaux – qui résonne encore divinement dans nos oreilles – se sent plus à l’aise sur circuit que sur les petites routes belges. Heureusement, la commande du lift qui permet de surélever le train avant est très accessible, via un interrupteur sur le meuble de bord. Cet artifice permet d’épargner le spoiler avant jusqu’à 70 km/h. Mais lorsque nous sommes arrivés à Plopsaland, le parc d’attractions situé à La Panne, quelle ne fût pas notre surprise de constater que le parc était fermé et que nous allions pouvoir en faire le tour… à bord de notre Lamborghini d’un jour ! Sourires garantis !

C’est en prenant ce genre d’initiative que les organisateurs du Zoute Grand Prix arrivent à faire la différence et à fidéliser leurs participants. Car ils savent bien, qu’au fond, les propriétaires de voitures d’exception sont tous de grands enfants. La preuve : sur l’heure de midi, avant le repas, quelques attractions étaient ouvertes, rien que pour les participants ! Et pour revenir aux choses sérieuses, sachez que les repas n’étaient servis que sur des tables de 4 personnes maximum et que la plupart du temps, les participants de cette édition privée mangeaient dans leur bulle composée d’un équipage de deux personnes. Comme quoi, avec une bonne organisation (professionnelle), il était possible de respecter les règles sanitaires. Seul bémol : en 2020, le public n’a pas pu en profiter et même entre les participants, le contexte actuel ne privilégiait pas tellement les rencontres et les discussions… Ce sera pour l’an prochain, on croise les doigts !